Un important mouvement pour la démocratie à Hong Kong annonce sa dissolution
A l’origine des grandes manifestations de 2019 à Hong Kong, le Civil Human Rights Front (CHRF), dont les leaders ont été arrêtés, vient de s’auto dissoudre.
La coalition qui avait su organiser de nombreuses manifestations en faveur de plus de démocratie à Hong Kong n’existe plus, rapporte le South China Morning Post (SCMP), « à l’origine de certaines des plus importantes manifestations de l’histoire d’Hong Kong, le CHRF a annoncé Dimanche 15 Août 2021 qu’il s’était dissous alors qu’il faisait face à une enquête de police sur ses activités ».
Dans un communiqué, le CHRF explique qu’il est contraint de disparaître, ses militants n’étant plus en mesure de poursuivre leurs activités, « beaucoup de nos membres sont en butte à la répression, la société civile étant confrontée à des défis d’une difficulté sans précédent ».
En réalité, la coalition avait cessé de coordonner son action depuis l’arrestation au mois de mai 2021 de Figo Chan, son leader, pour organisation d’une manifestation non autorisée.
Fondé en 2002, le CHRF fédérait des dizaines d’organisations de défense des droits de l’homme et de groupes pour la démocratie. La manifestation qu’il avait organisée le premier juillet 2003 avait vu cinq cent mille personnes descendre dans la rue à Hong Kong, forçant le gouvernement à suspendre la précédente loi sur la sécurité nationale. En 2019, il avait organisé les spectaculaires manifestations du 9 juin et du 16 juin 2019, qui avaient rassemblé entre un et deux millions de personnes.
Depuis le mois d’avril 2021, la police d’Hong Kong menait une enquête contre le CHRF en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin. Le rôle du CHRF dans une déclaration soumise à l’Organisation des Nations Unies (ONU) au mois de décembre 2020, appelant à une enquête internationale contre les violences policières lors des troubles de 2019, est également en cause, précise le South China Morning Post.
La dissolution du CHRF intervient moins d’une semaine après que le HKPTU, le plus important syndicat d’Hong Kong, ait également annoncé être contraint de cesser ses activités. Réagissant à ces annonces successives, Joshua Rosenzweig, responsable de la Chine pour l’organisation Amnesty International, pointe un effet domino préoccupant.