Après Deraa, le régime syrien et ses alliés lorgnent Idlib
Lundi 13 Septembre 2021
Situé dans le nord-est de la Syrie, le dernier bastion islamiste et rebelle échappant au contrôle de Damas, frontalier de la Turquie, est le théâtre d’une intensification des opérations syriennes et russes. Cette intensification est-elle le prélude d’une offensive à grande échelle ?
« Après Deraa, c’est le tour d’Idlib », écrit le quotidien pan-arabe al Araby al Jadid. Après avoir fait plier les rebelles de Deraa après deux mois de siège et de combats, le régime syrien et ses alliés concentrent depuis quelques jours leurs efforts contre le dernier gros bastion djihadiste et rebelle, situé dans le nord-ouest du pays.
Depuis le début du mois de juin 2021, les bombardements contre la région d’Idlib, frontalière de la Turquie, se sont intensifiés, notamment dans le sud de la province. Mardi 7 Septembre 2021, c’est la ville éponyme qui a été visée par les forces prosyriennes et l’aviation russe. L’attaque, qui a tué quatre civils, était la plus meurtrière qu’ait connue la localité d’Idlib depuis environ dix mois, indique le quotidien libanais Orient-Le-Jour (OLJ).
« C’est un signe clair de la volonté du régime syrien et de ses alliés de traiter militairement la question de la province d’Idlib, la plus compliquée du pays », écrit al Araby al-Jadid.
Compliquée, car la région d’Idlib est régie par un cessez-le-feu fragile négocié au mois de mars 2020 par la Russie, alliée du régime de Bachar al Assad, et la Turquie, qui parraine certains groupes rebelles, après une offensive meurtrière lancée par Damas au mois de décembre 2019 pour reprendre la province, majoritairement aux mains du groupe Hayat Tahrir Al-Cham (HTAC), l’ancienne branche syrienne d’al Qaida.
Dans ce contexte, des sources russes ont indiqué au journal panarabe al Quds al Arabi que des affrontements directs entre les forces du régime syrien et les groupes de l’opposition proche de la Turquie peuvent éclater à tout moment dans les jours qui viennent. « Face à ces attaques répétées au cours des derniers jours, la population craint l’imminence d’une nouvelle offensive, similaire à celle du mois de décembre 2019 dans la région et dans la ville d’Idlib », écrit OLJ.
Pour le régime de Damas, la reprise de la province d’Idlib, au-delà du gain politique, est d’une importance stratégique capitale. C’est par là que passe l’axe crucial de l’autoroute qui relie Lattaquié, sur le littoral syrien, à Alep, la grande ville du nord du pays, note le quotidien libanais. « Après avoir repris le contrôle du sud syrien, le régime espère réactiver la route commerciale entre la Turquie et la Jordanie, porte vers le Golfe », écrit al Araby al Jadid.