Champigny-sur-Marne, trois jours d’exclusion temporaire pour Adel Amara, l’animateur militant, menacé de révocation
La procédure disciplinaire lancée contre l’employé municipal pour des faits qu’il conteste se solde par cent trente-deux euros de retrait sur salaire. Adel Amara, qui avait reçu de nombreux soutiens, va rejoindre la ville de Malakoff. Le maire de Champigny sur Marne a accepté sa demande de transfert.
Un match de tennis, après plusieurs semaines de doute quant à son avenir dans les rangs des agents de la ville de Champigny-sur-Marne, voilà l’image sportive qu’emploie, Vendredi 17 Septembre 2021, Adel Amara, plutôt satisfait. Il échappe en effet à une lourde sanction.
Le futur ancien employé de la ville s’était vu reprocher par son employeur, Laurent Jeanne, maire de droite de Champigny-sur-Marne depuis le mois de juin 2020, d’avoir tracté durant son temps de travail pour l’ancien président du département du Parti Communiste Français (PCF), Christian Favier, lors des élections départementales du mois de juin 2021, mais aussi de lui avoir mal parlé sur un marché et d’avoir quitté son poste sans autorisation. Des accusations que le principal intéressé, élu d’opposition à Villiers-sur-Marne, continue de nier, alors que la menace de révocation disparaît.
Laurent Jeanne n’a pas seulement accepté sa demande de transfert vers Malakoff. « Il a aussi renoncé à prononcer ma révocation de la fonction publique », se félicite Adel Amara, remerciant tous ses soutiens. Mais s’il y a deux sets à zéro selon lui, il est tout de même sanctionné.
Au bout de ce feuilleton, ponctué de manifestations et d'autres marques de solidarité diverses, venues du Val-de-Marne et d’ailleurs, l’agent municipal a droit à une exclusion temporaire de trois jours, soit un retrait de cent trente-deux euros sur son salaire, précise celui qui compte contester cette sanction devant le tribunal administratif. « Elle a été prise abusivement. C’est une question de principe », ajoute-t-il, souhaitant remporter ce qu’il qualifie volontiers de troisième set.
« Je lui souhaite bien du plaisir », confie Laurent Jeanne, mettant en avant le temps que prend souvent ce type de démarche en justice. Pour le reste, l’élu n’estime pas avoir perdu de bataille ou de match face à Adel Amara, ni d’avoir reculé sous la pression. Il rappelle au passage que la formule pouvant aller jusqu’à la révocation, utilisée dans le procès-verbal d’entretien disciplinaire, n’annonçait pas son intention de révoquer cet agent de la ville. Il n’y a donc pas de renoncement selon lui. « La sanction prononcée est proportionnée à l’écart qui a été le sien », déclare-t-il.
Laurent Jeanne se félicite de voir Adel Amara partir vers Malakoff, une commune menée par une maire du PCF. « Il va rejoindre ses amis politiques, comme d‘autres avant lui », dit l’élu. Depuis son arrivée à la tête de la ville de Champigny sur Marne, une dizaine d’employés municipaux ont quitté la commune pour des raisons politiques.